Faut-il réellement prendre au sérieux ce classement qui positionne Les Ardennes au 96 ème rang des départements où l'on vit le mieux? Le Conseil Général
s'étonne de la méthodologie de cette enquête. Pour parler d'un département il faudrait encore que les journalistes y viennent en dehors des procès judiciaires ou des mouvements
sociaux!
Autant le dire et ne pas cacher les choses: Les Ardennes viennent de reculer de deux places au classement de l'hebdomadaire L'Express. Juste avant l'été et
sûrement pour doper ses ventes, ce magazine s'amuse, le plus sérieusement du monde nous dit-on, à classer les départements français, dans une hiérarchie, qu'un certain Président lui-même
qualifierait d'"abracadabrantesque".
96ème: au moins on ne peut plus reculer!
Il s'agit de nominer les départements "où l'on vit le mieux?" En 2006, les Ardennes étaient positionnées au 94 ème rang devant l'Aisne et la Creuse. Voilà qu'en
2008, le département des Ardennes fait deux pas en arrière et se trouve désormais à la 96 ème place,donc la dernière, juste derrière L'Aisne et la Meuse. Une chose est sûre: il ne peut rien
arriver de pire aux Ardennes. Comme diraient nos amis belges, elles ne peuvent plus reculer étant profondément dans le précipice... Sauf à inventer des départements nouveaux, ce que peuvent faire
des journalistes en mal d'information! Voilà un classement qui va sûrement rassurer les Ardennais. Ils sont tellement habitués à ces savantes méthodologies de calcul, vieux relents d'un
parisianisme médiatique, qu'ils ont même oublié le classement de 2007 et celui de 2005. Inutile d'aller piocher dans les archives, ils étaient sûrement de la même veine...
Enfoncer un clou rouillé
Autant le dire encore aux Ardennais: comme chaque année, la Direction de la Communication du Conseil Général des Ardennes va adresser un courrier aux deux auteurs
de ce dossier -inutile de les nommer-, avec force livres, brochures, chiffres statistiques et documents prouvant que l'on vit aussi bien dans les Ardennes que dans d'autres départements de
France et que ce type de classement basé sur quarante critères (il y en avait 2 de plus en 2006, d'où peut-être l'explication du recul de notre département) ridiculise les hebdomadaires qui
enfoncent des clous rouillés pour grapiller un peu de lectorat... Comment comparer des choses incomparables? Comment comparer l'enseignement supérieur à Paris (1ier) et à Charleville-Mézières
(75ème), où l'Etat n'a pas implanté d'université généraliste? Comment comparer les choix des familles ou le choix des jeunes et des seniors, entre un département comme les Pyrénées-Atlantiques
(2ème) où il y a l'océan, la plage, l'été, les stations de sport d'hiver et le ski l'hiver, avec les Ardennes (96ème) qui aménagent pourtant, en voie verte, pour justement le plus
grand bonheur des familles, le plus long chemin de halage de France? C'est bien connu, la plage pour les uns, les pavés pour les autres!
13 ème pour l'immobilier
Faut-il énumérer tous les critères qui prévalent dans cette enquête au-delà de ceux déjà cités? Disons que les jeunes classent les Ardennes à la 95 ème place, juste
devant la Meuse et derrière la Creuse. Les seniors classent les Ardennes à la 92 ème -un léger mieux- à égalité avec le Nord, mais devant le Pas-de-Calais, l'Oise et l'Aisne. Question
santé, les Ardennes (93 ème) n'ont pas le bonnet d'âne et devancent l'Aisne, le Nord et le Pas-de-Calais où l'on meurt, nous dit-on, plus jeune... Normal, direz-vous, puisque les seniors
partent ailleurs dans les Hautes-Alpes (1ier), la Corrèze (2ème) ou l'Aveyron (3ème) où ils vivent, paraît-il, mieux... Enfin, dans ce dédale de chiffres, un classement où les Ardennes
s'illustrent: 13ème place en matière d'immobilier. L'Indre (1ier), la Nièvre (2ème) et la Meuse (3ème) dominent la hiérarchie. Ces départements compensent sûrement leur "désertification" par
des prix de maisons plus abordables que Paris (96ème), les Hautes-de-Seine (95ème) ou les Alpes-Maritimes (94ème). Après tout, on ne peut pas tout avoir, le beurre et l'argent du beurre. Au
niveau de la sécurité, les Ardennes (37ème) sont presque dans le premier tiers. Il y a encore moins de problèmes de quartiers en Creuse (1ier), dans le Cantal (2ème) ou dans l'Aveyron
(3ème) mais les Ardennes se félicitent d'échapper aux zones montrées du doigt par l'Observatoire national de la délinquance: Paris et la Seine-Saint-Denis (95 ème exaequo) ou encore les
Bouches-du-Rhône (94ème),le Val d'Oise ou les Alpes-Maritimes (92ème exaequo). Simple clin d'oeil: l'Histoire retiendra que c'est un député ardennais, Jean-Luc Warsmann qui vient de faire adopter
par l'Assemblée Nationale, une loi pour rembourser les voitures brûlées lors d'émeutes de rues!
La reconquête économique oubliée
Comme les Ardennes n'ont pas de Zénith, ni de casino, elles figurent à la 94 ème au niveau culture, mais il y a moins bien encore en Haute-Loire ou dans le
Tarn-et-Garonne. En matière de dynamisme économique, les Ardennes apparaisent à la 88ème place, huit places avant la Haute-Marne (96ème) mais bien loin derrière la Corse du Sud (1ier) dont
le dynamisme économique était jusqu'ici ignoré de nos Ardennais.. Questions Puissance économique (80 ème), Situation sociale (91ème) et Commerce (90 ème) les Ardennes sont aussi à la
traîne, ce qui va fâcher les membres de la CCI, rassemblés en assemblée générale ce 23 juin 2008 à Sedan. Mais, minimisons les effets désastreux de ce classement: les habitants de l'Ardèche,
de la Lozère et de la Haute-Loire sont encore plus mal lotis, et nous compatissons volontiers puisque leur sort peut-être réservé aux Ardennais l'année prochaine!
Cadre de vie: le 1ier département au-dessus de la Loire!
C'est à oublier les enseignes nationales comme Hermès ou Lafarge qui ont choisi de s'implanter à Bogny-sur-Meuse ou Signy-l'Abbaye. C'est oublier que plus d'une
soixantaine d'entreprises internationales ont leur siège social dans les Ardennes. Certains osent parler de déclin économique alors que le département des Ardennes est en pleine reconquête
économique. Mais tout ce qui tourne bien ne fait pas vendre des journaux! Surprenant le classement des Ardennes en matière de l'offre internet: une 67 ème place alors que 98% du département est
connecté en matière de haut débit. Le Cantal (94ème), l'Aveyron (95ème) et la Lozère (96ème) sont les plus mauvais élèves. Paris et la couronne parisienne s'offrent les lauriers mais
comment pourrait-il en être autrement en nombre d'installations en zone urbaine par nombre d'habitants? Tout cela n'est pas sérieux.
Les Ardennes: 1ières dans le coeur des Européens
Allez, nous avons réservé le meilleur pour la fin. Si les Ardennes se classent à la 27 ème position pour son cadre de vie (notre photo de la vallée de la
Meuse) -le meilleur département au-dessus de la ligne géographique de la Loire (à l'exception de la Haute-Saône 13ème)- il touche le ponpon avec sa météo. Les Ardennes sont bien dernières
sur le plan météorologique juste devant sont les Vosges et la Meuse! Nous maintenons notre standing. Nous l'avions déjà dit en 2006: monsieur Météo n'habite pas dans les Ardennes; il ne sait pas
que la pluviométrie est plus importante à Biarritz qu'à Sedan et que récemment les Ardennes ont eu du soleil quand il a boudé le Sud-Ouest pendant 3 mois. Et puis çà suffit de se faire tailler de
tels costumes sur mesure par les médias. La réflexion du Président du Conseil général des Ardennes est la même qu'en 2006: "l'essentiel c'est d'être le 1ier dans le coeur des Européens, ce qui
est notre ambition économique..." C'est d'ailleurs pour s'affirmer comme "un département avec vue sur l'avenir" que le Conseil général a engagé une grande campagne de communication afin de
revaloriser son image de marque.
Faîtes le classement des magazines qui ne viennent jamais!
A notre tour, nous pourrions dresser un classement des journaux et magazines qui ne parlent jamais des Ardennes, des journalistes qui n'y viennent jamais ou,
exceptionnellement, que pour couvrir le procès du siècle ou pour ne parler que des usines qui ferment, alimentés localement par d'autres confrères sans imagination et sans
talent ayant les mêmes intérêts: vanter le misérabilisme. Il est vrai que pour un média, il est moins "vendeur" de mettre en relief un département qui est passé de 17,5% de chômeurs il y a 10 ans
à 10,2% en 2008, où il se créé plus d'emplois qu'il n'en disparait, où 95% des aides à l'investissement ne provoquent pas d'incidents sociaux, où il fait bon vivre, où les Ardennais ne sont
pas plus malheureux ici qu'ailleurs, sauf en ouvrant leur lucarne-miroir pour y lire un flot de mauvaises nouvelles ou pour y prendre connaissance de classements fantaisistes... Laissons faire ce
classement aux Ardennais. Ils gagneront peut-être un abonnement à L'Express...
Dans toutes les écoles de journalisme, on apprend que d'un côté il y a l'information et de l'autre la communication. Ne voulant pas tomber dans l'excès de la
propagande, les collectivités territoriales ardennaises comme le Conseil général le fait, sont en droit de demander aux médias d'éviter, de leur côté, la désinformation, surtout quand elle
est stérile et injuste pour les Ardennais qui en sont les victimes!